Attention, le contenu peut être mis à jour sans rechargement de la page, visitez notre section sur l'accessibilité pour plus d'information Passer au contenu principal

L’accessibilité chez exo: faire bouger les choses

mercredi, 01 juin 2022

L’accessibilité est au cœur des préoccupations d’exo. Nous avons discuté avec Michèle Copti, Directrice du développement des projets, Laure Durand, Conseillère en accessibilité et Alex Choquet-Guèvremont, Chargée de projets; trois femmes énergiques qui s’affairent chaque jour à rendre exo plus inclusif.

Exo: Tout d’abord, concrètement, que veulent dire pour vous les mots « accessible » et « inclusif » ?

Laure: Lorsqu’on pense accessibilité, on inclut les 16 % de la population qui sont en situation de handicap, mais on voit au-delà des personnes en fauteuil roulant, comme les familles avec leur poussette, les voyageurs avec leurs valises et les gens qui se déplacent à vélo. Être inclusif, c’est aussi penser aux personnes vieillissantes, malvoyantes, malentendantes et aux gens qui ont une déficience intellectuelle ou des problèmes de santé mentale.

Alex: Si je peux donner un exemple, une personne présentant un trouble du spectre de l’autisme peut être plus sensible au bruit et autres stimuli et peut éprouver des difficultés à s’orienter dans un espace public. La signalétique simplifiée va servir à la guider du point A au point B. On l’aide ainsi à faire le trajet pour acheter ses billets, embarquer dans le train, etc. En d’autres mots, rendre les lieux accessibles c’est de penser l’environnement de manière à prévenir ou éliminer les obstacles qui empêchent les personnes de se déplacer.

Michèle: Et l’accessibilité, c’est partout, c’est aussi adapter notre site web aux liseuses pour les personnes qui ont des problèmes de vision.

Exo: Aujourd’hui, l’accessibilité prend de plus en plus de place dans la sphère publique. Pourquoi?

Laure: Je crois que c’est qu’on parle beaucoup de développement durable et que l’accessibilité est en fait l’aspect social du développement durable.

Michèle: Absolument. Si, en améliorant l’accès au transport collectif, on permet à un plus grand nombre de personnes de se déplacer en utilisant notre service de transport régulier, on contribue alors à rendre le réseau plus inclusif tout en ayant un impact sur la réduction de notre empreinte environnementale.

Exo: Et comment fait-on pour faire bouger les choses?

Michèle: Bonne question! (rires) D’abord, pour bâtir la société de demain, tous les acteurs doivent être autour de la table. Le transport collectif doit donc agir en partenariat avec de nombreux acteurs, comme les municipalités ou les propriétaires des voies ferrées dans le cas du réseau ferroviaire.

Puis, à l’intérieur de l’organisation, on grandit en incitant les gens à développer de bons réflexes. On a plusieurs personnes chez exo qui sont responsables d’actions clés pour l’amélioration de l’accessibilité et qui sont en quelques sortes nos ambassadeurs de l’accessibilité.

Alex: Les équipes de projets font aussi des consultations en amont avec le milieu associatif pour comprendre leurs besoins et amener les bonnes pratiques en termes d’accessibilité universelle dès le démarrage d’un projet.

Je crois que l’accessibilité gagne du terrain. C’est de plus en plus inclus dans les champs d’études, comme en architecture et en urbanisme.

Michèle: Au Québec, il n’y a pas de programme universitaire spécialisé en accessibilité, ce qui fait que les conseillers en accessibilité sont peu nombreux. Nous sommes chanceux d’avoir trouvé Laure! Souvent, ce sont des personnes qui, dans leur cursus professionnel, décident de s’y intéresser et qui se développent là-dedans. On a donc un devoir comme organisation de participer à bâtir cette expertise.

Exo: Au fait, Laure, comment es-tu devenue conseillère en accessibilité?

Laure: Ma mère est éducatrice spécialisée. J’ai donc été sensibilisée au milieu du handicap dès mon jeune âge. Puis, je me suis spécialisée en tourisme et j’ai décidé de faire mon mémoire de maîtrise sur le tourisme accessible pour les personnes handicapées. Quand je vais sur un lieu, je vois tout de suite les obstacles qu’elles peuvent rencontrer. Le voyage pour tous est quelque chose qui me tient à cœur, et chez exo, j’ai la chance de pouvoir partager mon expérience au plus grand nombre de gens possible.

Exo: En terminant, dites-moi quel serait pour vous le moment où vous pourriez vous dire que vous avez gagné la bataille.

Michèle: Chaque petit lien d’accessibilité est une grande victoire. Si on en crée plusieurs, les gens vont être libres de se déplacer où ils veulent, mais le rêve, c’est de voir que ce qu’on a bâti sera réellement utile et pérenne.